Méthodologie de la Dissertation économique

Méthodologie de la dissertation économique

Qu’est ce que la dissertation économique ?

Exercice relativement normalisé, qui répond à un certains nombres de règles.
Au niveau de la forme : présence d’une véritable introduction, d’un développement composé de grandes parties distinctes, cohérentes et équilibrées.
Au niveau du fond : le développement doit être progressif et cohérent. Il doit répondre de manière claire et convaincante au sujet proposé (et à la problématique formulée).

La dissertation économique consiste en une réponse ordonnée à une question ou à un problème de nature économique, plus ou moins explicitée dans l’intitulé du sujet.

Toute la difficulté vient du langage habituellement formalisé de la science économique. Dans le cadre de la dissertation, il s’agit de transcrire de manière littéraire ce langage formalisé.

Toutefois, la dissertation économique reste une démonstration qui se veut rigoureuse, progressive et cohérente.

L’objectif de la dissertation est de mobiliser les connaissances théoriques et empiriques pertinentes pour répondre, au travers une argumentation structurée, au problème posé par le sujet.

Connaissances théoriques : connaissance des théories, de leurs auteurs, de leur progression dans le contexte historique et de leurs limites.
Connaissance empirique : connaissance de l’histoire des faits économiques et suivi régulier de l’activité économique.
 Développer une culture économique.

L’évaluation porte sur le fond mais aussi sur la forme.

La méthodologie de la dissertation en économie

Règle élémentaire : disserter consiste avant tout à répondre à une question, explicitement ou implicitement formulée.

On peut schématiser la méthodologie de la dissertation économique en 4 étapes :
1. Analyser le sujet
2. Dégager la problématique
3. Elaborer le plan
4. Rédiger (puis relire)

Les étapes 1, 2 et 3 doivent être effectuées rapidement.
(Ici, compter 1h - 1h1/4)

L’analyse du sujet

Une bonne lecture du sujet est essentielle. Elle permet :
- de saisir toutes les dimensions du sujet
- de saisir les limites et contours du sujet
- de faire émerger les questions et problèmes qui forment la problématique
- de lister les connaissances théoriques et empiriques pertinentes

Méthode de lecture :
1. La question : que demande t’on ?
2. Le(s) thème(s) d’étude : sur quel domaine de connaissance ?
3. Le cadre : dans quel contexte spatio-temporel ?

Attention : veiller à la formulation du sujet.
- Pluriel ou singulier
- Temps utilisé : présent, passé, conditionnel
- Présence de mots clés
- Présence d’une citation

3 types de sujet :

- Les sujets de type « analyse »

Sujets présentés sous forme neutre. La question n’est pas formulée et la problématique non explicite (proche de la question de cours).
Difficulté particulière du libellé : il ne définit aucune orientation particulière. Dès lors, il convient de passer en revue toutes les problématiques qui peuvent relever de ce sujet (de quoi s’agit il ? quelles sont les différentes manifestations du phénomène ? quelles sont ces évolutions ? quelles sont les causes et les conséquences ? etc.)

Deux stratégies différentes :
Elaborer un plan qui traite l’ensemble du sujet (mais panorama exhaustif qui risque de rester superficiel et de ne pas distinguer nettement l’essentiel de l’accessoire).
Privilégier un angle d’attaque : choisir une ou deux problématiques que l’on développe. Attention toutefois, il convient ici de justifier clairement ces choix (technique de l’entonnoir).

- Les sujets de type « discussion »

Sujets plus faciles à repérer car présentés sous une forme interrogative, la problématique est alors explicite. Le plus souvent, ces sujets font références à une problématique existante, un débat récurrent, un problème actuel.

- Les sujets de type « mise en relation »

Il s’agit de la mise en relation de deux concepts : 2 mots ou 2 ensembles de mots reliés par et/ou/contre/versus/etc.
Ici, la problématique n’est pas explicite. Pour la trouver, il faut s’interroger sur les relations possibles entre les deux concepts. Il est nécessaire de se focaliser sur les rapports entre les deux concepts et ne surtout pas se livrer à une étude séparée de chacun d’eux.
NB : Dans la plupart des cas, la conjonction « et » invite à rechercher des interactions, des complémentarités ou encore à s’assurer de l’existence d’une (in)compatibilité entre les deux notions.
Attention au plan circulaire (A et B. Plan de type A implique B et B implique A). La tentation est grande mais l’exercice est périlleux et le résultat rarement convaincant.

Les dimensions du sujet

L’analyse de tous les termes du sujet doit permettre de délimiter le domaine de connaissances sur lequel porte la question.

Un travail de clarification préalable des concepts est donc indispensable :
- Donner la définition des concepts
- Aborder toutes les acceptations et tous les sens que peut avoir un même concept
- Expliquer l’approche théorique des concepts (on peut avoir une opposition théorique sur un même concept, ex : l’épargne)

Faire émerger le cadre spatio-temporel du sujet et justifié le choix.

Confronter systématiquement les théories mobilisées aux données empiriques (d’où la nécessité de connaissances solides en histoire de la pensée économique et en histoire des faits économiques).

Attention : il y a très souvent des concepts cachés dans le sujet et il faut faire le même travail sur ces concepts (ex : l’emploi en France, concept caché essentiel : le chômage).

Attention aux clivages théoriques trop simplistes

La problématique

La problématique est le fil conducteur du devoir. Elle se définit comme une question que l’on se propose de résoudre mais qui prête à discussion. Problématiser, c’est l’art de poser des questions pertinentes susceptibles de faire émerger des débats féconds.

D’où l’importance de hiérarchiser et de structurer les problèmes soulevés. Un même sujet peut se voir attribuer des problématiques différentes si celles-ci sont justifiées.

L’élaboration du plan

Le plan est la réponse à la question posée. Il s’agi de classer ses idées selon un ordre logique et progressif en vue de parvenir à une démonstration.

Les qualités d’un bon plan :
- Parfaite cohérence avec la problématique
- Mise en valeur de la logique du raisonnement
- Pas de répétitions d’idées ou d’arguments
- Equilibre de fond et de forme

Les différents types de plan :
- Problèmes, causes, solutions ou Problèmes, causes, conséquences (2 ou 3 parties)
- Inventaire
- Comparatif
- Plan dialectique : thèse ; antithèse ; synthèse
- Plan dialectique incomplet : thèse, relativisation de cette thèse (oui ou non, mais)

L’introduction

Soigner l’introduction est primordial. Une bonne introduction permet de cerner tous les contours du sujet : réfléchir à l’introduction permet d’éviter des oublis dans le traitement du sujet. De plus, elle donne le ton du devoir.

Phrase d’accroche
Un fait, un chiffre ou une citation en rapport avec le sujet
Définitions et analyse.
Ici, l’objectif est de montrer que l’on a saisi l’ampleur du sujet. A ce stade, on argumente et élimine certaines questions et on aborde (déjà) les théories qui seront mobilisées au cours du raisonnement.
Problématique
Annonce du plan

La conclusion

La conclusion est la réponse finale à la question posée, non pas la simple répétition des idées avancées au cours du développement.
Il convient donc de faire une synthèse qui fait ressortir les idées clés.

Ouvrir le sujet en mettant en avant un autre élément. Attention toutefois, cet élément ne doit pas être un élément clé qui aurait dû être traité au cours de l’exposé.

Au final

Le candidat doit montrer :
- Qu’il possède des connaissances théoriques et empiriques
- Qu’il est capable d’utiliser ses connaissances afin d’analyser des problèmes économiques
- Qu’il est capable de construire et de présenter une argumentation cohérente reflétant cette analyse

Conseils d’ordre général

- Bien lire le sujet
- Coucher par écrit l’ensemble des connaissances théoriques et empiriques en lien avec le sujet
- Prévoir plusieurs brouillons pour le plan (écrire uniquement sur les rectos)
- Soigner l’introduction (l’idéal étant de la rédiger au brouillon) et la conclusion
- Soigner les chapeaux introductifs
- Eviter le style journalistique
- Ne pas faire de fautes d’orthographe
- Rendre une copie propre et aérée

Bibliographie indicative

Les Repères
Edition La Découverte

Histoire économique du XX° siècle
Asselain, Edition Dalloz

Revues : Problèmes Economiques (Cahiers Français)