Méthodologie de la Dissertation

Méthodologie de la Dissertation

Une dissertation est toujours une démonstration, une articulation logique entre deux ou trois parties. C’est un exercice littéraire qui, dans le cas d’une dissertation économique, s’appuie sur des théories et concepts économiques précis, sur des faits constatés et chiffrés, souvent sur l’actualité.

1- La lecture du sujet
Lire efficacement un sujet de dissertation oblige à en délimiter les frontières (au-delà, c’est du hors-sujet ), le cadre spatial et temporel. Si aucune indication spatiale ou temporelle n’apparaît dans le sujet, il faut le replacer dans un cadre historique.
En même temps que le sujet et le thème sur lequel il porte sont circonscrits (en pesant tous les mots pour éviter le hors-sujet), il faut définir les termes du sujet et l’identifier (en se posant la question de savoir si c’est un sujet comparatif, un sujet basé sur une évolution, une question de cours, un sujet de controverse, etc.).
Rassembler les connaissances utiles au sujet consiste à noter les idées qui viennent à l’esprit, sans chercher à les organiser ni à les ordonner, sans faire de phrases, en se posant des questions simples (quelle partie du cours ? quelles théories ? quels exemples ?) et en mobilisant sa mémoire visuelle (revoir les notes de cours, les fiches de TD, les préparations personnelles, les articles lus, etc.).
Avant de construire un plan provisoire, élaborer une problématique consiste à faire émerger le ou les problèmes posés, à construire un parcours logique pour la réflexion, telle est la clé de la dissertation réussie.

2- Le plan
Une fois tous les éléments réunis, mettre de l’ordre en fonction de la problématique élaborée, commencer à baliser la réflexion dans un plan provisoire. Certains sujets induisent un plan-type :
- à une question posée, on peut répondre : 1/ Oui, mais… 2/ Non, mais…
- « Montrer que… » nécessite de trouver et d’articuler des mécanismes.
- « Mettre en relation deux phénomènes » consiste à étudier : 1/ Comment A agit sur B , 2/ Comment B agit sur A.
A éviter : le plan catalogue qui énumère sans expliquer.
Le plan provisoire peut devenir définitif s’il répond à la problématique, il faut alors de détailler, impérativement avant le début de la rédaction : c’est le canevas de la dissertation, la structure organisée sur laquelle s’appuient la rédaction et le développement des idées, sans risque de répétition.
Il doit être équilibré.

3- L’introduction
La forme de l’introduction est essentielle. Elle doit conduire le lecteur au sujet, sans jamais le répéter, ni le paraphraser, ni indiquer la réponse donnée au problème. Elle doit à la fois présenter le sujet (définir ses termes, délimiter ses frontières, indiquer les courants de pensée référentiels, situer dans l’actualité), exposer la problématique et annoncer les divisions du plan. C’est la raison pour laquelle elle ne peut être rédigée qu’à l’issue des deux étapes précédentes.
La présentation doit être soignée, aérée (prévoir une marge à gauche), l’écriture doit être lisible.

4- Le développement
Le plan peut apparaître clairement (titres, sous-titres), mais ce n’est pas une obligation. L’essentiel est de rédiger chaque idée contenue dans le plan.détaillé. Les parties équilibrées doivent être nettement séparées par un espace mais reliées par une transition. Les transitions sont des liaisons essentielles dans la dissertation : elles constituent les articulations du devoir.
Relire systématiquement au fur et à mesure de la rédaction (toutes les 10 à 15 lignes) en vérifiant l’orthographe, la syntaxe, la ponctuation.
A éviter : le délayage, la paraphrase, les approximations, les confusions, le café du commerce, les expressions à la mode, etc.
Utiliser des mots d’articulation précis : « car, en raison de, puisque, etc. » pour exprimer une corrélation, « c’est pourquoi, par conséquent, etc. » pour exprimer un lien de causalité, « à l’inverse, en revanche, etc. » pour exprimer une opposition, « toutefois, pourtant, etc. » pour exprimer une objection, une limite.

5- La conclusion
Il est prudent de la rédiger avant de commencer la rédaction du développement : une fois l’introduction et le plan détaillé délimités, il est aisé de savoir où conduira le raisonnement. Faire le bilan du devoir ne signifie en aucun cas faire le résumé de ce qui précède. La conclusion peut également proposer un élargissement du sujet, une ouverture sur une ou des questions ayant un lien avec le sujet.
Une conclusion écrite, non pas dans la précipitation de la remise des copies mais avant de commencer la rédaction, évite l’écueil de son inutilité.