Le personnage de Don Juan est-il un Personnage Comique?

Le personnage de Don Juan est-il un Personnage Comique?

Dom Juan ou Le festin de pierre est une œuvre de Molière parue en 1665. Cette pièce de théâtre a été écrite après la parution et la censure de la pièce du même auteur Tartuffe. Cette dernière a été censurée par la mère du roi : Anne d’Autriche et par ses dévots. C’est dans ce contexte de parution que Molière a écris Dom Juan avec une volonté de provoquer et de choquer la noblesse ainsi que le clergé. Don Juan est un personnage éponyme qui a l’irrémédiable défaut de séduire toutes les femmes qu’il croise et de se marier avec ce qui va lui valoir d’être pourchassé par des personnes voulant retrouver leur honneur ou celui de leurs proches mais aussi par le Ciel à cause des offenses de Don Juan envers lui. Pour répondre à la problématique : est ce que Don Juan, qui joue dans une comédie, est un personnage uniquement comique ? nous relèverons tout d’abord les éléments faisant de lui un personnage autre que comique puis nous analyserons les extraits qui en font un personnage comique.

Nous verrons dans cette première partie les éléments, qui font du personnage principal de la pièce un personnage tragique et pathétique. Pour cela nous prélèverons les passages où l’on peut voir la présence de la Mort et du fatum puis nous analyserons les passages ou le registre pathétique est présent.
Nous pouvons relever tout au long de cette pièce que la Mort est présente sous différentes formes et donc par conséquent avec elle le fatum : dans l’acte II scène 1 on apprend que Don juan et Sganarelle ont faillis se noyer : Charlotte (2°ème réplique de Charlotte) : ‘’C’est donc le coup de vent da matin qui les avait renvarsés dans la mar ?’’ et Pierrot (2°ème réplique) : ‘’je n’avons pas pûtot eu gagé, que j’avons vu les deux hommes tout à plain, qui nous faisaient signe de les aller quérir ; et moi de tirer auparavant les enjeux. […] que je nous sommes boutés dans une barque, et pis j’avons tant fait cahin-caha, que je les avons tirés de gliau, et pis je les avons menés cheux auprès du feu.’’ Puis dans l’acte II à la scène 2 nous avons la preuve que c’est bien Don Juan et Sganarelle qui ont faillis se noyer : Don Juan (1° réplique) ‘’Nous avons manqué notre coup, Sganarelle, et cette bourrasque imprévue a renversé avec notre barque le projet que nous avions fait.’’ Cette première apparition de la mort qui a failli frapper Don Juan et son valet est un premier avertissement de Dieu : en effet on peut penser que ce dernier s’est matérialisé en vent pour faire chavirer le bateau des deux complices mais en leur laissant la vie sauve pour laisser une chance à Don Juan de se repentir. On peut voir aussi que dans la scène 2 de l’acte III que Le Pauvre fais une allusion à la Statue du Commandeur et donc à la mort : Le Pauvre (1° réplique) ‘’détourner à main droite’’ ce Pauvre que Don Juan essaye de corrompre avec un louis d’or le prévient du sort qu’il pourrait l’attendre s’il ne se repent pas. Done Elvire essaie à son tour de résonner Don Juan : Done Elvire (2°réplique) ‘’Mais, dans cette retraite, j’aurais une douleur extrême qu’une personne que j’ai chérie tendrement devînt un exemple funeste de la justice du Ciel ; et ce me sera une joie incroyable si je puis vous porter à détourner de dessus votre tête l’épouvantable coup qui vous menace.’’ Don Juan est prévenu à maintes reprises dans la pièce sans qu’il ne tienne compte pour autant des avertissements qu’on peut lui donner, on peut dire qu’il subit le fatum par son destin et qu’il ne peut donc pas y échapper à cause de son idéologie qui le pousse à renier la religion et avec elle l’existence de Dieu. Dans les deux dernières scènes de la pièce Don Juan est averti d’abord par l’apparition du spectre qui lui donne un ultime avertissement auquel Don Juan ne prêtera pas attention : acte V scène 5 Spectre (seule réplique) ‘’Don Juan n’a plus qu’un moment à pouvoir profiter de la miséricorde du Ciel ; et s’il ne se repent ici, sa perte est résolue.’’ Don Juan n’écoutera pas une dernière fois les avertissements qu’on peut lui faire : Don Juan (4° réplique) ‘’ Non, non, il ne sera pas dit quoi qu’il arrive, que je sois capable de me repentir.’’ Don Juan veut tellement avoir raison qu'il refuse d'admettre la réalité et doit donc se confronter au jugement du Ciel et donc à la mort. Dans la dernière scène de Dom Juan, La Statue du Commandeur refait son apparition et soumet le pêcheur à une punition divine : La Statue (3° réplique) ‘’Don Juan, l’endurcissement au péché traîne une mort funeste, et les grâces du Ciel que l’on renvoie ouvrent un chemin à sa foudre.’’ Don Juan (3° réplique) ‘’Ô Ciel ! que sens-je ? Un feu invisible me brûle, je n’en puis plus, et tout mon corps devient un brasier ardent. Ah !‘’ A la fin Don Juan meurt donc de la main de La Statue ce qui revient à dire qu’il meure de la main de Dieu et qu’il n’aura pas pu conjurer son fatum. Don Juan, même s’il sait qu’il va mourir ne renoncera pas à son idéologie ce qui fais de lui une sorte de héros qui meure pour ses convictions et donc c’est en cela que Don Juan est un personnage tragique.

Si Don Juan est un personnage tragique alors c’est aussi un personnage du registre pathétique. En effet on peut voir à la scène 2 de l’acte III que Don Juan, malgré tous ces efforts pour essayer de corrompre Le Pauvre, n’y arrivera et c’est donc pour cela que l’on peut éprouver de la pitié envers lui : Don Juan (dernière réplique de la scène) ‘’ Va, va, je te le donne pour l’amour de l’humanité.’’ Dans la mise en scène de Mesguich on voit Don Juan qui s’agenouille de plus en plus au fur et à mesure que la tension monte dans cette scène ce qui montre sa faiblesse par rapport au Pauvre. On peut ensuite éprouver de la pitié envers Don Juan lors de la dernière scène car il meurt en héros et on peut justement avoir pitié de cet homme qui meurt sans renoncer à ses convictions. On peut ensuite éprouver de la pitié envers Don Juan lorsque son père, Don Louis, dis qu’il a honte de lui et qu’il déshonore sa famille : Don Louis (1° réplique scène 4 acte IV) ‘’A dire vrai, nous nous incommodons étrangement l’un de l’autre ; et si vous êtes las de me voir, je suis bien las aussi de vos déportements. […] Et qu’avez-vous fait dans le monde pour être gentilhomme ? Croyez vous qu’il suffise d’en porter le nom et les armes, et que ce nous soit une gloire d’être sorti d’un sang noble lorsque nous vivons en infâmes ?’’ On peut donc avoir pitié de quelqu’un qui se fait traiter ainsi par son propre père. Dans le registre du pathétique on peut aussi mettre la scène 6 de l’acte IV où Done Elvire supplie Don Juan de se repentir alors qu’elle se sépare de lui mais ce dernier ne pense à elle qu’en tant qu’ancienne compagne et la retrouve même attirante alors qu’il n’a plus eu aucun désir envers elle depuis longtemps. C’est en ce sens qu’on peut avoir pitié de Don Juan, car il ne peut exprimer que du désir envers les femmes et qu’il ne pense qu’à ca alors qu’Elvire essaie de le sauver.

On peut donc dire que Don Juan est un personnage tragique ce qui lui donne donc un coté au registre pathétique surtout lors de sa mort. Mais cette mort de Don Juan peut aussi amuser car ce dernier a tellement foi en ses convictions qu’il préfère mourir plutôt que d’admettre qu’il a eu tort.

Dans cette seconde partie nous analyserons donc les passages montrant que Don Juan est aussi et surtout un personnage comique. C’est dans ce but que nous relèverons les passages qui correspondent à de ‘’la mécanique plaquée sur du vivant’’ (Henri Bergson dans Le Rire) et ceux montrant les différents types de comiques tels que la satire, le comique de gestes et de situations entre autres.

Pour Don Juan, on peut parler de ‘’la mécanique plaquée sur du vivant’’ pour deux aspects de sa personnalité, les deux correspondant aux libertinages de mœurs et d’esprit que pratiquent Don Juan. On peut comprendre ce qu’est le libertinage de mœurs de Don Juan avec son portrait que nous dresse Sganarelle dans la scène 1 de l’acte I : Sganarelle (6° réplique) ‘’Dame, demoiselle, bourgeoise, paysanne, il ne trouve rien de trop chaud ni de trop froid pour lui ; et si je te disais le nom de toutes celles qu’il a épousées en divers lieux, ce serait un chapitre à en durer jusques au soir.’’ Grâce à ce portrait de Don Juan que nous fais son valet on voit que Dom Juan est un coureur de jupons et qu’il ne sait faire que ça c’est pour cela que l’on parle de ‘’la mécanique plaquée sur du vivant’’ car ce personnage est tellement stéréotypé à ce trait de caractère qu’il en devient risible au point d’en devenir drôle et donc comique. Don Juan prouve lui aussi qu’il est ‘’victime’’ de cette mécanique dans la seconde scène du premier acte lorsqu’il fait l’éloge paradoxal de l’infidélité : Don Juan (13° réplique) ‘’Pour moi, la beauté me ravit partout où je a trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne. J’ai beau être engagé, l’amour que j’ai pour une belle n’engage point mon âme à faire injustice aux autres.’’ Dans cet éloge paradoxal on peut voir que Don Juan se moque des lois morales et religieuses lorsqu‘elles lui interdisent de pratiquer son libertinage. On peut aussi donner comme exemple la scène 4 de l’acte II où Don Juan se retrouve avec Charlotte et Mathurine, deux femmes qu’il a séduite en même temps et qui se retrouvent au même endroit au même moment. Au lieu d’essayer de s’en sortir en disant que l’une d’entre elles ment et qu’il n’a jamais promis de les épouser toutes les deux, Don Juan va tenter de les monter l’une contre l’autre et de continuer à les séduire une par une : Don Juan (17° réplique) ‘’embarrassé, leur dit à toutes deux.- Que voulez vous que je vous dise ? Vous soutenez également toutes deux que je vous ai promis de vous prendre pour femmes. Est-ce que chacune de vous ne sait pas ce qui en est, sans que je m’explique davantage ? […] (Bas à Mathurine :)Laissez lui croire ce qu’elle voudra. (Bas à Charlotte :) Laissez-la se flatter dans son imagination. (Bas à Mathurine :) Je vous adore. (Bas à Charlotte :) Je suis tout à vous. (Bas à Mathurine :) Tous les visages sont laids auprès du vôtre. (Bas à Charlotte :) On ne peut plus souffrir quand on vous a vue. (Haut :) J’ai un petit ordre à donner ; je viens vous retrouver dans un quart d’heure.’’ On peut voir cette même mécanique après que Done Elvire sois réapparue dans la scène 6 de l’acte IV, Don Juan commence à la retrouver belle : Don Juan (1°réplique scène 7 acte IV) ‘’Sais-tu bien que j’ai encore senti quelque peu d’émotion pour elle, que j’ai trouvé de l’agrément dans cette nouveauté bizarre, et que son habit négligé, son air languissant et ses larmes ont réveillé en moi quelques petits restes d’un feu éteint.’’ On voit dans cette scène que Don Juan ne trouve belle Elvire que lorsqu’elle ne lui appartient pas comme lorsqu’elle était au couvent. On peut aussi voir que Don Juan est un libertin d’esprit car il ne veut pas se laisser dicter sa conduite et encore moins ses croyances et va même ridiculiser ceux qui essayent de lui prouver qu’il a tort. Don Juan ne renoncera jamais à ses croyances et ses convictions même s’il est témoin d’un événement surnaturel et c’est cela qui causera sa perte à la fin de la pièce. On peut par exemple voir qu’après que La Statue du Commandeur est bougée la tête à la fin de l’acte III, Don Juan refuse d’admettre ce qu’il vient de voir et préfère prétendre à un effet d’optique plutôt que de dire que c’est une manifestation du Ciel : Don Juan (1° réplique scène 1 acte IV) ‘’Quoi qu’il en soit, laissons cela : c’est une bagatelle, et nous pouvons avoir été trompés par un faux jour, ou surpris de quelque vapeur qui nous ait troublé la vue.’’ Don Juan, par son libertinage d’esprit, fais aussi un éloge paradoxal de l’hypocrisie : Don Juan (6° réplique acte V scène 2) ‘’Il n’y a plus de honte maintenant à cela : l’hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus. […] dès qu’une fois on m’aura choqué tant sois peu, je ne pardonnerai jamais et garderai tout doucement une haine irréconciliable. Je ferai le vengeur des intérêts du Ciel, et sous ce prétexte commode, je pousserai mes ennemis, je les accuserai d’impiété.’’ Dans ce passage Don Juan fais non seulement un éloge de l’hypocrisie mais en plus il dit que tout le monde, et surtout la noblesse, est hypocrite envers Dieu car il se sert de lui comme un moyen d’attaquer leurs ennemis et de les ridiculiser devant toute la population. Il dit que Dieu n’est rien d’autre qu’un moyen en plus d’attaquer indirectement ses ennemis. On peut rire de cet éloge car Don Juan pousse son raisonnement tellement loin qu’il se met dans le même sac que tous les nobles hypocrites qu’il décrit. On peut ensuite dire pour finir que Don Juan est un personnage comique avec ‘’la mécanique plaquée sur du vivant’’ lors des deux dernières scènes tout d’abord car il ne veut pas se résoudre à admettre l’existence de Dieu car cela voudrait dire qu’il a eu tort. Il ne veut pas admettre cela tout d’abord avec le spectre : Don Juan (2° réplique avant dernière scène) ‘’ Spectre, fantôme ou diable, je veux voir ce que c’est’’ avec cette phrase on peut voir que Don Juan se base uniquement sur ces cinq sens et que pour lui il n’existe rien au-delà de ce qu’il peut toucher, sentir, goûter, entendre ou bien voir et que donc tout ce qui est de l’ordre du surnaturel lui est inaccessible. Il vit tellement dans le matériel qu’il a besoin de voir si le spectre est bien quelque chose d’immatériel : Don Juan (3° réplique) ‘’Non, non, rien n’est capable de m’imprimer de la terreur, et je veux éprouver avec mon épée si c’est un corps ou un esprit.’’ C’est cet entêtement qui fais de Don Juan un personnage de risible et de comique et ce même entêtement qui lui coûtera la vie car jusqu’au bout, Don Juan refusera d’admettre la réalité évidente qui lui saute pourtant aux yeux.

On peut ensuite dire que Don Juan est un personnage comique avec ses comiques de gestes, de caractères, ses comiques de mots, de situations ou bien ces quiproquos. Comme comique de gestes et de caractères on peut citer l’exemple de la scène 3 de l’acte II : Don Juan (à partir de la 6° réplique) et Pierrot (à partir de la 11° réplique) ‘’s’approchant de Pierrot pour le frapper Qu’est ce que vous dîtes ? P.- s’éloignant derrière Charlotte Jerniquenne ! je ne crains personne. D-J.- passe du coté où est Pierrot attendez-moi un peu. P.- repasse de l’autre coté de Charlotte Je me moque de tout, moi. D-J.- court après Pierrot Voyons cela. P.- se sauve encore derrière Charlotte J’en avons bien vu d’autres.’’ Avec ce passage on peut voir que Don Juan se moque totalement du paysan mais aussi que ce denier ne peut rien fasse à lui à un tel point qu’il ne peut faire que se réfugier derrière Charlotte qu’il vient pourtant de renier. Le fait que Pierrot ne puisse rien faire face au noble est une scène caricaturée de la réalité du XVII° siècle, en effet à cette époque les paysans ne pouvaient rien faire face aux nobles qui les dépouillaient de tous biens matériels. Le fait que Pierrot utilise le pronom ‘’nous’’ à la fin de la citation est une métaphore pour dire que tous les paysans de France au XVII° siècle ont subis des attaques comme celle que Don Juan vient de lui mener c'est-à-dire de lui prendre sa femme et avec elle son honneur. On peut donc dire que cette scène est comique car Don Juan se moque ouvertement de Pierrot, le poursuit autour de Charlotte ce qui donne un exemple de comique de gestes et de caractères. On peut analyser comme passage comique de la pièce le quiproquo de la scène 3 de l’acte III entre Don Juan et Don Carlos, le frère d’Elvire. En effet Don Juan qui est aller à la rescousse du frère de sa femme, ne sachant pas qui il est, apprend que Done Elvire a envoyé ses frères à sa recherche pour le tuer et ainsi laver l’honneur de leur sœur : Don Carlos (3°réplique) ‘’et de voir sa vie, son repos et ses biens dépendre de la fantaisie du premier téméraire qui s’avisera de lui faire une de ces injures pour qui un honnête homme doit périr.’’(4°réplique) ‘’Ainsi, Monsieur, je ne feindrai point de vous dire que l’offense que nous cherchons à venger est une sœur séduite et enlevée d’un couvent, et que l’auteur de cette offense est un Don Juan Tenorio, fils de Don Louis Tenorio.’’ On peut voir avec cette citation que Don Carlos cherche Don Juan mais il l’a en face de lui et l’homme qu’il veut tuer et justement celui qui vient de lui sauver la vie c’est une situation très ironique mais aussi un peu cruel qui s’abat sur Don Carlos car il est redevable à Don Juan mais s’il veut sauver l’honneur de sa sœur il doit impérativement tuer ce dernier. Don Juan qui a compris qu’il ne valait mieux pas pour lui révéler son identité se fait passer pour un ami de Don Juan en se dépréciant lui-même et propose à Don Carlos de s’auto-livrer : Don Juan (5° et 6° répliques) ‘’ Arrêtez, Monsieur, s’il vous plaît. Il est un peu de mes amis, et ce serait à moi une espèce de lâcheté que d’en ouïr du mal. […] sans vous donnez la peine de chercher Don Juan davantage, je m’oblige à le faire trouver au lieu que vous voudrez, et quand il vous plaira.’’ On peut donc dire que dans cette scène il y a un quiproquo car Don Juan se fais passer pour un de ses amis et Don Carlos qui le recherche désespérément le crois et lui fais confiance. Dans la scène avec M. Dimanche on peut relever du comique de situation, de gestes et de caractères. En effet tout d’abord du comique de situation avec M. Dimanche qui se présente chez Don Juan pour lui réclamer de l’argent qui lui doit mais ce dernier ne le laisse même pas parler tout en restant extrêmement poli, il lui demande des nouvelles de sa femme, ses enfants mais aussi de son chien. Il raconte ensuite qu’il compte son créancier comme un de ses plus proches amis ce qui coupe l’envie de ce dernier de se faire payer son dû. On peut ensuite relever du comique de caractère avec les deux caractères principaux qui s’opposent ici à savoir un caractère de dominant et un caractère plus soumis tel que celui de M. Dimanche qui ne peut pas faire face à la noblesse de Don Juan qui le domine socialement mais aussi intellectuellement. On peut considérer cette figure du riche bourgeois dominé et du noble dominant comme une métaphore pour critiquer la société du XVII° siècle qui comptaient de nombreux bourgeois bien plus riches que des nobles mais qui ne pouvaient pas obtenir de titre de noblesses et donc étaient constamment dominés. On peut ensuite relever du comique de gestes quand Don Juan oblige son invité à s’asseoir : Don Juan-M. Dimanche scène 3 acte IV (à partir de la 8° réplique de Don Juan) ‘’D-J.-Allons, asseyez-vous. M.D.-Il n’est pas besoin, Monsieur, et je n’ai qu’un mot à vous dire. J’étais… D-J.-Mettez vous là, vous dis-je. M.D.-Non, Monsieur, je suis bien. Je viens pour… D-J.-Non, je ne vous écoute point si vous n’êtes assis.’’ Ce passage montre comment Don Juan tourne M. Dimanche en ridicule el lui faisant faire ce qu’il mais en ne lui laissant pourtant aucun instant de parole pour qu’il réclame ce qu’il lui appartient. On peut aussi relever du comique dans la scène 3 de l’acte V lorsque Don Carlos vient quérir Don Juan pour essayer de le raisonner et faire en sorte que sa famille et celle du mari de sa sœur se réconcilient. Don Juan utilise alors du comique de mots ainsi que de situation en rejetant plusieurs fois la responsabilité des péchés qu’il a commis sur le Ciel : Don Carlos et Don Juan (à partir de la 4° réplique de Don Juan) ‘’ D-J.-J’obéis à la voix du Ciel. D-C.-Quoi ? vous voulez que je me paye d’un semblable discours ? D-J.-C’est le Ciel qui le veut ainsi. D-C.-Vous aurez fait sortir ma sœur d’un couvent, pour la laisser ensuite ? D-J.-Le Ciel l’ordonne de la sorte. D-C.-Nous souffrirons cette tache en notre famille ? D-J.-Prenez vous-en au Ciel. D-C.-Eh quoi ? toujours le Ciel ? D-J.-Le Ciel le souhaite comme cela. D-C.-Il suffit, Don Juan, je vous entends. Ce n’est pas ici que je veux vous prendre, et le lieu ne le souffre pas.’’ Avec cette exagération sur le mot ‘’Ciel’’ et en rejetant ses fautes sur ce dernier, Don Juan essaie de provoquer Don Carlos ce qui réussis et c’est le ton hypocrite que Don Juan utilise et le fait qu’on le croit qui rends cette scène comique. Dans la mise en scène d’Armand Delcamp, le décor de la scène est composé comme si nous étions dans une église ce qui rend l’hypocrisie de Don Juan encore plus comique, on voit ensuite que lorsque Don Carlos menace Don Juan avec son épée se dernier se place en christ sur une croix ce qui fais de lui un martyr et le fait que cette fourberie marche fais rire car Don Carlos ne peut pas se résoudre à l’attaquer alors qu’il se trouve dans cette position.

On peut donc dire que Don Juan est aussi un personnage comique dans une pièce comique à travers des procédés soit implicites tels que ‘’la mécanique plaquée sur du vivant’’ pour les libertinages de mœurs et d’esprit mais aussi des quiproquos des situations ridicules ou ironiques dont il se sert pour ridiculiser tous ceux qui en ont après lui ou son idéologie.

En conclusion nous pouvons dire que le personnage de Don Juan est un personnage tragique car il y poursuivi par le fatum et il appartient parfois au registre du pathétique mais aussi qu’il est un personnage comique car il est tellement convaincu de ses idées qu’il en devient ridicule mais il utilise le comique pour tourner en ridicule ses ennemis. Don Juan étant le personnage reflétant le mieux cette pièce, on peut maintenant se demander si cette pièce est vraiment une comédie ou bien encore si c’est une pièce classique ou baroque ?