La Mégalopode Japonaise : Un Centre D’Impulsion de l’Asie Orientale et du Monde

La Mégalopode Japonaise : Un Centre D’Impulsion de l’Asie Orientale et du Monde

Peu ou prou de ressources naturelles : des terres ingrates balayées par des typhons spectaculaires, qui font chaque année un peu plus de dégâts envers les populations, et changent radicalement la face de ce pays. Ses fondations tiennent en équilibre incertain sur pas moins de sept plaques tectoniques, ce qui provoque un taux exponentiel de tremblements de terre records à travers le Monde (1924 Tokyo 140.000 morts – 1995 Kobe ), cela depuis le 15ème siècle…Ajoutés à cela, la main de l’Homme qui devient maladroite, et déclenche des catastrophes nucléaires irréversibles : 2011 Fukushima. Des tsunamis qui n’en finissent plus de ravager les littoraux. Des moussons qui ne tarissent pas ; des glissements de terrains dus à ces pluies. Des volcans actifs en puissance.

Vu à travers ces quelques descriptions, le Japon prend un profil inquiétant, balançant entre ses climats rudes et humides, ses pluies torrentielles et intemporelles, sa population atteignant 128 millions d’individus qui doivent sillonner les terres contrastées de ce pays, entre le mont Fuji, qui prend 80% du territoire : 3800m d’altitude surplombant la Mer du Japon et l’Océan Pacifique. Le Japon est un archipel constitué de milliers d’îles disséminées sur 2000kms. Le mont Fuji prenant pratiquement toute l’étendue des terres, les populations doivent fonder leur habitat sur les restes quelques peu restreints du pays, Fuji étant impossible à habiter, du fait des fortes déclinaisons et pentes qui le composent. Et pourtant, le Japon est aujourd’hui la 3ème puissance mondiale, ayant fait sa réussite avec des contrastes industriels, naturels et humains incroyables. Comment cette impulsion a-t-elle été possible ?

Le japonais vit dans un pays, qui pourrait faire reflet d’enfer aux yeux d’autres pays, si ce n’est que depuis des siècles, il est attaché à ces terres infertiles griffées par une nature ingrate. Premier contraste et paradoxe : malgré cet acharnement naturel à défigurer le Japon, Mère Nature voit encenser ses montagnes et forêts par les japonais, notamment les « schintoïstes », qui estiment qu’un grand « Sacré » s’est penché sur ces monts et forêts inondant le pays. Le Japon est devenu 1er importateur mondial de bois, du à ses forêts étendues intouchables.

Parmi les milliers d’îles, celle de Hokkaido produit de la houille, autre richesse naturelle exploitée par le pays. Les volcans également, ont leur rôle, qui ne se réduit pas à la destruction, mais bien à la contribution à l’énergie : géothermie – exploitation des températures géologiques. Et la mise en valeur de la mer est non moins négligeable sur le point mondial, puisque le pays est en 1ère place mondiale pour la consommation des produits maritimes, et 3ème pays exportateur de ces produits.

Comme beaucoup de pays, le Japon connaît une débalance extrême entre Nord/Sud, à tous les niveaux : Nord, avec une immensité tournée vers les vents de Sibérie, ce qui explique les villes peu peuplées, dont l’indice de densité populaire ne dépasse pas 500.000hab, constamment fouettées par des vents impardonnables, et le Sud qui bénéficie de la douceur des eaux chaudes du Pacifique. Hokkaido et Shikoku sont des sœurs de contrastes à elles seules. L’Endroit et l’Envers du Japon ; le Yin et le Yang tant préservés dans la culture spirituelle du japonais : l’Ouest – Envers du pays, petit frère frileux, le Sud : l’Endroit dont le regard se perd dans le Pacifique, frère « chanceux », qui voit sa densité se développer par l’exode interne des populations fuyant les monts, certes « sacrés », mais ne faisant guère manger les familles….

Les japonais ont dans leur cœur un amour particulier de l’agriculture, qu’ils ont réussi à miniaturiser. La place qu’ils n’ont plus en plaine, et en large, ils l’organisent en hauteur !! Ainsi, on peut voir des rizières à étages, des cultures sous serres. Et bien souvent, le béotien arrivant dans le pays, ne distingue pas cette agriculture qui peut se considérer comme une fourmilière, nourrissant le pays à 50% de sa productivité.

Une gigantesque fourmilière, éveillée nuit et jour, dans laquelle il est extrêmement difficile de s’adapter et s’installer : d’où le faible taux d’immigration. La culture japonais inculque des statuts de vie et de croyance très complexes à comprendre pour l’Européen, les américains, entre autres, car nécessitant une épuration stricte de vie, un une conscience zen, malgré le haut degré d’énergie nécessaire au japonais dans le quotidien. Des jardins prônant la « zenitude » et la culture de l’esprit, sillonnent les villes dans des projets minimalistes typiques et uniques au monde : pour les employés, cadres, et toute autre personne en activité fortement sollicitée, il est possible alors de se promener en toute quiétude, et retrouver sa paix intérieure face au stress des mégalopoles, du travail et de la vie de tous les jours. Les immeubles, montés sur roulement à bille afin de palier à tout tremblement de terre, ont des règles strictes concernant les animaux de compagnie, et le japonais a trouvé la solution imparable et amusante : des salons de thé-chats, qui donnent l’opportunité aux japonais en mal de petits compagnons non acceptés en appartement, de venir siroter un thé, tout en caressant des chats !! et cela marche…la zénitude recherchée passe parfois à un poil!!

Il est tout à fait normal, dans les conditions et savoir-vivre, pour les japonais de partager son quotidien ensemble, sans différence marquée dans les couches sociales ; les quartiers séparés, les rues, ne sont pas nominatifs, et appartiennent à tout le monde. L’individu à part entière, est loin d’être à l’image du Français : claustrophile, mais s’imbrique parfaitement dans des groupes, consolidant certainement cette force particulière dans laquelle le Japon a pu s’élever ainsi au niveau mondial, et faire face à la Mondialisation implacable.

Pourtant, le Japon vieillit, son indice de natalité est faible en regard aux autres pays : 1,4 enfant/femme. Le japonais a appris son austérité à travers les siècles, jusque à en devenir innée, et tout se ressent dans son travail, son niveau de vie, sa technologie.

Parlons justement de cette technologie incroyable que possède le Japon, émerveillant sans cesse ses voisins, en ayant également cette vision du futur proche, et son amour pour les univers fantastiques, irréels, dirait-on, pourtant, le Japon réussit le tour de force de créer ces univers fantasmagoriques, et de les faire devenir réalité : une réalité dépassant la fiction. Même dans leur look, les japonais se laissent aller à une joie de vivre débordante au reflet des mangas qu’ils affectionnent : promenez-vous dans les rues du Japon, et ne vous étonnez pas des accoutrements extraordinaires des jeunes japonais(e)s. Ils ont l’esprit extrêmement ouvert sur les formes artistiques les plus incroyables : plus vous serez créatif dans votre délire, plus votre succès se confortera au Japon : il suffit de faire ses preuves….

Ce Japon, que Mère Nature a structuré d’une manière plus ou moins ingrate, estimée au niveau de l’évolution, a subi des périodes de guerres qui l’ont littéralement ruiné et affaibli. Le MITI (Ministère du Commerce extérieur et de l’Industrie) a été créé dans le but de réguler, avec la Banque du Japon, et assisté de l’Etat qui intervient au sein des entreprises, l’économie, recherche l’équilibre environnemental et le bien-être, l’avancée scientifique et technologique. Tout est régi strictement, dans cette austérité que le japonais a dans ses gênes. Les recherches scientifiques et technologiques tiennent le haut du pavé, largement encouragés par l’Etat, permettant au pays de se démarquer face au reste du Monde. Le pôle financier tourne autour d’une seule Banque.

La structure des « Sôgos shôshas », est en elle-même d’une complexité inébranlable : c’est une structure de « maison de commerce », productrice de grands groupes industriels en son sein, et recrutant parallèlement les clients potentiels à travers le Monde, et possédant des filières à travers ce Monde, telle une gigantesque toile d’araignée, dans laquelle s’y signent des contrats lucratifs à l’étranger, pour être redistribués dans le Japon. Nous avons l’exemple de Toyota, qui pour réussir à vendre dans le pays même, demande à la « Sôgo » de faire construire ses véhicules destinés au japonais.
Dans un secteur plus en difficulté, telle que la Manufacture, les PME subissent la délocalisation, et la main d’œuvre, souvent, est féminine.

Du fait de l’étroitesse de son étendue, le Japon, prétendant qu’à 2% de la population mondiale due à la faible natalité, réussi le tour de force de posséder la 2ème industrie du Monde, car exportant par obligation. Pourtant, le pays choisi dans le temps, d’une façon exponentielle, de réduire ses industries dites légères, comme le textile, et met l’accent sur ses industries lourdes, comme l’automobile, la technologie de pointe, électronique, etv…) Il suivrait alors un schéma dit de « vol d’oies sauvages » !! Une industrie prend la tête par ses résultats, sa puissance, son « explosion » face à la concurrence mondiale, et embarque d’autres entreprises enveloppées dans ce système de vol en « V », jusqu’aux pointes les plus écartées, qui signifient l’échelon des entreprises. Celles situées aux extrémités peuvent se « reposer » sur les plus élargies et puissantes. El lorsqu’elles arrivent à échéance, et doivent fermer, les plus puissantes « rebondissent » en ouvrant un autre marché, avec d’autres produits plus performants, afin que le vol en « V » puisse rester en équilibre….tel est l’esprit de compétitivité du japonais. L’un des oiseaux marque un signe d’essoufflement, et tous les autres montent une stratégie ainsi de redonner du souffle à l’oiseau, et lui offrent une opportunité de nouveau départ…Une polyvalence que l’on ne peut à aucun moment discuter.

Toute la mégalopole japonais s’est solidifiée entre Tokyo, Yokohama, Kyoto, Kawasaki, ouverte sur le Pacifique, face au géant américain, et consolidé ses bases face à une mondialisation dévorante. Mais, le revers de la médaille est là, matérialisé par un exode contraint vers ces plaines regorgeant d’une population à la recherche d’un coin où chacun pourra travailler, consommer, et profiter du peu de richesses naturelles apportées par le pays. La mégalopole est devenue le point névralgique du Japon, après un choc pétrolier mondial, dans les années 80, que le Japon parvient à mieux encaisser que ces voisins et autres concurrents. A travers cette débâcle de l’or noir, le pays restructure ses industries plus organisées et rentables que jamais. Cependant, il n’est pas encore sorti de la crise financière. Avec la technologie de haute pointe des téléphones portables et P.C, le Japon profite d’exportations lucratives, et devient le 1er pays développeur et déposeur de brevets au Monde.

Après avoir été qu’un « fantôme » dans les transactions internationales et mondiales, dans les années 60, le Japon a pris son essor sur deux plans : une exportation surtout basée sur les produits de luxe, et l’industrie automobile Dans les années 70, le Japon a connu d’innombrables délocalisations qui a désertifié le secteur technologie de pointe, pour « loucher » vers d’autres mégalopoles comme : Singapour, Taiwan, Corée du Sud, et le pays a du changer son fusil d’épaule, et remonter résolument son industrie de haute technologie, afin de braver la concurrence rude, en s’exportant « physiquement » en Europe, aux USA. Des groupements technologiques comme SONY, a vu exploser son marché mondial dans de telles prises de conscience stratégiques.

Tokyo, Osaka, façade aux vents doux du Pacifique, sont des centres importantes, presque vitaux, dans les finances, la politique, les décisions économiques concernant la gestion du pays.

En 2000, le Japon connaît un PIB explosif de 3125 milliards de dollars, et le gouvernement, qui a pignon sur tout, n’hésite pas à investir dans ce qu’on appellera des « cités scientifiques », avec une grande part sur un autre champ d’activité industriel dans lequel on n’a pas l’habitude de voir le Japon, tout du moins en apparence : l’industrie spatiale.

Ces chiffres commerciaux largement excédentaires pesant dans la balance.
A tel point, que je Japon se retrouve, grâce à cette balance financière, créancier du Monde. Pourtant, sa monnaie : le Yen, connaît des fluctuations importantes, et même si le Yen est bien côté, le Japon n’en retire pas assez d’effets positifs financiers. Mais, ces dernières années, 2000, même si le schéma du Yen sur les cartes spéculatives, ressemblent à des tracés d’AVC affolé, complètement à l’opposé les uns des autres, le Monde fait les yeux doux au Yen, ce qui fait de cette devise une des plus achetées. Avec cette évolution et cette hausse, sur laquelle il faut désormais compter, les produits japonais deviennent très chers : les entreprises se voient dans l’obligation de resserrer les coûts de production, la main d’œuvre, et sacrifier les marges bénéficiaires.

Le Japon peut se targuer de connaître tous les revers d’une médaille souvent amère : son climat peu enviable qui coupe le pays en deux, ses espaces rendus restreints par les montagnes et forêts jugées sacrées et intouchables ; des îles disséminées, et inégales dans la densité de la population ; une mégalopole qui s’est construite envers et contre tous les séismes et autres catastrophes, quelles soient naturelles, comme financières ; le Japon a réussi à évoluer contre toutes ces contraintes, mais s’il est un centre d’impulsion de l’Asie orientale, et une puissance en rivalité avec la Chine et les USA, avec laquelle il faut compter.

Et pourtant, malgré une culture millénaire basée sur l’austérité, une zénitude affichée dans la conception des espaces miniaturisés, celui que l’on appelle le pays « du Soleil levant » n’attire guère qu’un faible pourcentage de touristes, et ne peut pas compter sur ces paramètres pour « briller » d’un vent neuf , mais voit au contraire ces étranges oiseaux voler en V, vers d’autres horizons, d’autres pays dont ils absorbent les coutumes et us, où ils espèrent trouver un bonheur qu’ils ne trouvent pas chez eux…