Est-ce par peur de l’autre ou par lâcheté que nous n’acceptons pas différences?

Est-ce par peur de l’autre ou par lâcheté que nous n’acceptons pas différences?

Introduction :
Que ce soit à l’intérieur de la famille, d’un groupe ou de la société, les hommes, qu’ils le veuillent ou non, doivent vivre ensemble et souvent se supporter les uns les autres avec leurs différences. Ainsi « est-ce par peur de l’autre ou par lâcheté que nous n’acceptons pas les différences ? »
Pourquoi l’autre que nous considérons parfois à tort différent de nous peut-il susciter en nous la peur et pourquoi n’avons-nous pas le courage de comprendre l’autre ?
Ces deux sentiments ou attitudes expliquent-ils de la même manière le refus de l’autre ou n’y-a-t-il pas une raison plus valable que l’autre ?
Mais pourquoi refuser les différences alors que celles-ci peuvent être d’une grande richesse et être vécues dans une entente harmonieuse et pacifique ?

__ 1ère partie
__ 2ème partie
__ 3ème partie

1ère sous-partie
2ème sous-partie

La conclusion doit être rédigée soigneusement et doit répondre à la question posée. Pour cela il faut récapituler le développement en mettant en évidence les idées essentielles puis préciser notre position personnelle par rapport au problème (pas d’opinion religieuses et politiques). Terminer la conclusion par une question qui élargie le problème (faire une ouverture).

Idées 1ère partie :
Pourquoi l’homme n’accepte-il pas les différences ? Parce qu’il a peur de l’inconnu. Il rejette ce qui n’est pas comme lui.
En plus d’être suscitée par l’inconnu, la peur peut être provoquée par des différences morales et physiques, des préjugés mais aussi par l‘éducation et la religion. En effet, l’inconnu provoque en nous différents sentiments allant de l’appréhension ou de la méfiance à la peur

La peur s’évanouit avec la connaissance du phénomène, elle ne se maintient que dans l’ignorance des causes. Elle naît de l’ignorance semble-t-il. L’ombre de l’ignorance laisse le terrain libre à l’imagination et l’imagination qui enfante la peur sous une certaine forme. Or, grâce à notre science, nous disposons en toutes choses d’explications bien arrêtées ; du coup, nous faisons reculer la peur en annexant de l’inconnu. Mais justement, Maupassant justifie la peur en voulant défendre dans l’inconnu l’inconnaissable et le mystère

Mais, bien souvent, la différence (des autres… et la sienne) dérange. On peut s’en défendre en la rejetant, en plaçant entre soi et l’autre (ou entre soi… et soi) une ligne de démarcation infranchissable.

C’est par sa proximité que l’autre se prête aux projections de ce qui, en moi, m’indispose ou m’angoisse.

L’autre nous menace, certes, parce qu’il est différent, mais aussi parce qu’il est semblable

L’autre fonctionne comme dépotoir : en lui fait retour ce qu’en moi je refoule, de façon d’autant plus menaçante que le sentiment de mon identité est plus précaire, moins assuré

L’autre devient alors le purement autre, le rien qu’autre, le seulement autre. Celui qui, n’ayant plus rien de semblable, se trouve exclu de la convivialité qui nous rassemble. Á ces exemples, on aurait pu sans peine ajouter bien d’autres formes d’exclusions psychique, sociale, sexuelle, spirituelle.

La différence est ici source d’un trouble profond qui vient justifier la haine

L’expression de notre peur peut se faire par diverses sentiments, tels que l’agressivité, la méfiance, le repli sur soi, la fuite, etc.

Idées 2ème partie :
Il est banal de remarquer que la différence engendre la peur et l’agressivité, qui se renforcent mutuellement dans une spirale infernale. La peur pousse à l’agressivité qu’elle provoque à son tour, ce qui vient légitimer et accroître la peur initiale.
Nous serions dans l’erreur si nous pensions qu’à elle seule, la différence suffit à rendre compte de telles réactions. Car après tout, l’autre n’est jamais seulement différent : il a toujours, si différent soit-il, quelque chose de commun avec moi, quels que soient son langage, sa culture, son comportement, son apparence physique, ses valeurs morales

Chacun tend à la différence. Par sa manière d’être, son mode de vie, sa façon de se vêtir, les objets dont il s’entoure, l’homme manifeste son besoin d’affirmer sa particularité, son désir de n’être pas confondu, sa peur de se perdre en tant que moi.

Si le malade mental me fait peur, ce n’est pas, d’abord, en raison de la bizarrerie apparente de son langage ou de l’étrangeté de son comportement. Par-delà la différence, ici pourtant évidente, et à ce titre, tellement rassurante pour moi, qui suis renforcé dans ma certitude de n’être pas comme lui, l’inquiétude vient de la perception obscure d’une certaine communauté entre lui et moi, entre son angoisse et la mienne.

En tout état de cause, nous avons besoin de lui. Je parle du besoin toujours latent, mais réactivé dans les situations de crise, qu’un autre incarne la réalité du « mal » pour nous confirmer dans le sentiment de notre propre « bonté »

Dans ce miroir de l’autre, le peureux ne se reconnaît pas. Mais la passion qu’il met à détruire témoigne de ce que, confusément, il s’est reconnu en lui. Le soin qu’il met à en traquer les traces, le zèle qu’il manifeste de sa propre « pureté », montrent que la violence qu’il impute à l’autre, les passions qu’il lui attribue, l’animalité brutale dont il l’investit, semblent bien être à l’image de ce qu’il refoule. Nous sommes bien ici dans ce vaste domaine de la projection, par laquelle autrui se voit revêtu des traits que l’on refuse en soi, et qui permet de se refaire à bon compte une virginité.

Cependant elle n’est (la peur), dans ce cas, que le reflet de notre impuissance à intérioriser une nouvelle connaissance

Idées 3ème partie :
En effet, ce qui est différent de nous, nous est étranger. Il est étranger à nous-mêmes puisqu’il ne nous est pas commun, en d’autre terme inconnu. Pourtant, sa finitude d’Homme culturel devrait l’amener, justement, à faire de ce qui lui est étranger, une connaissance. Les êtres humains ont maintes fois prouvés leur capacité à découvrir, à explorer des milieux ou des espaces qui leur étaient inconnus, afin d’en tirer des savoirs. C’est grâce à cette faculté d’intégration que l’être humain est l’espèce la plus riche de complexité. Refuser la différence, c’est s’appauvrir des sources de la connaissance et se couper de l’Autre.

D’autant plus, que l’être humain ne peut se suffire à lui-même. Il a besoin de l’Autre. Ceci est si vrai, qu’il ne peut se définir en tant que « Je » qu’à partir du moment où il est capable de reconnaître un « Tu ».

Pourtant, ce sont les étrangers, donc les autres, qui améliorent notre monde grâce aux exportations et importations.

Face à ces autres, il faut oser prendre le risque de la rencontre. Rencontrer autrui, c’est certes œuvrer pour l’unité, mais dans le deuil de l’identité, sinon l’unité recherchée impliquerait encore la tentative de ramener l’autre à moi, à mon désir sur lui. Il semble bien que l’acceptation de la différence, qui marque l’accès à l’altérité, soit la tâche la plus difficile de l’existence. Elle n’est possible que « sur la base d’une béance, d’un manque non occulté...