Dissertation n°1

Dissertation n°1

Depuis plusieurs millénaires, l’Homme est sans cesse à la recherche d’une justice plus impartiale et plus efficace qu’elle ne l’est déjà. Cette quête semble être au cœur des problèmes de l’humanité. C’est le sujet qu’aborde Catherine CHALIER dans son article paru dans « La justice » en 1995. Elle nous propose la problématique suivante : D’où provient la quête de la justice ? Nous pouvons étudier cette question aux travers des trois exemples qu’elle nous donne. Ainsi, nous commencerons par montrer que l’Homme ne cherche pas la justice par désir que celle-ci s’applique ( ?), ni même par un quelconque intérêt dans cette quête, mais bien par le respect, voir la crainte, d’une entité supérieure imposant ce concept.

Premièrement, nous pouvons nous rendre compte, au travers de la citation étudiée et des trois œuvres au programme, que l’Homme ne recherche pas la justice par envie d’un monde juste.

En effet, il est aisé de se rendre compte que l’égoïsme de l’Homme le pousse à désirer non pas une justice universelle, mais bien une justice qui lui serait profitable et lui permettrait d’accéder au maximum de privilèges. Il ne faut pas s’imaginer que le désir intrinsèque de l’Homme serait spontanément de renoncer à ses privilèges et ses aspirations pour respecter les droits de l’autre. C’est par exemple le cas dans la pièce d’Eschyle, « Les Choéphores », où Clytemnestre décide de se faire justice lui-même en vengeant la mort de son père. Il ne s’agit ici que d’un jugement personnel, sans concertation préalable de quelque institution que ce soit. Elle semble penser que la justice s’adapte à elle, et non l’inverse. Elle ne contribue pas à rendre le monde plus juste, elle fait simplement ce qui lui semble profitable.

Ensuite, l’envie profonde de l’Homme semble être d’utiliser son temps à faire des choses qui lui permettent de tirer un maximum de profit. Il n’a alors pas de temps à perdre à réfléchir à certains concepts abstraits. C’est le cas par exemple dans « Les raisins de la colère », de John Steinbeck, où la famille Joad, malgré toutes les injustices qu’ils subissent, ne semblent pas vouloir changer le système. Ils renoncent simplement, en espérant voir arriver de meilleurs jours, et en attendant, essayent comme ils le peuvent de gagner un peu d’argent. Leur envie n’est pas ici de changer la justice, mais plutôt de profiter de tout le temps dont ils disposent pour améliorer leur quotidien.

Enfin, le désir de l’Homme n’est pas de chercher une justice, puisqu’il accepte sans rechigner celle que l’on lui propose. Il n’a pas l’envie d’être acteur du système, il préfère prendre ce qu’on lui donne. C’est ce que nous dit Blaise Pascal dans ses « Pensées », avec sa célèbre citation : « Comme la mode fait l’agrément, aussi fait-elle la justice ». La société accepte le mouvement, la modification, considérant tout cela comme une mode, ce qui montre bien une caractéristique de cette Humanité : elle n’a pas ni le courage, ni le désir de faire évoluer les choses.

Ainsi, nous voyons bien que ce n’est ni le désir, ni même l’envie qui poussent les Hommes à entreprendre cette quête de la Justice. L’auteur parle alors des intérêts, qui, selon elle, ne peuvent pousser l’Homme à chercher cette justice. Voyons quels sont ces intérêts.

Pour commencer, les principales raisons pour lesquelles l’Homme agit sont ses émotions. Ainsi, il ne cherche pas à rendre justice, ni même à comprendre la justice, mais plutôt à faire ce qui lui semble le mieux pour lui, ce que lui dictent ses sentiments. Il n’agit pas pour l’institution, mais bien pour lui-même, pour sa justice personnelle, qui lui semble la plus juste à son égard. C’est le cas notamment dans la tragédie Grecque « Les choéphores », ou d’abord Clytemnestre, puis Oreste se rendent justice eux-mêmes, d’une manière barbare, qui ne satisfait en aucun cas les règles éthiques de la justice telle qu’on l’imagine dans le monde moderne. A travers cet exemple, il est aisé de voir que l’homme agit plus par sentimentalisme que par réflexion judiciaire. Mais pas seulement.

En effet, pour continuer, nous pouvons voir que l’un des intérêts majeurs de l’être humain est l’argent. Il est facile de corrompre la justice. Alors, qu’ils soient magistrats, avocats, etc… Les personnages possédant le pouvoir judiciaire semblent être plus intéressés par leur propre intérêt financier que par la quête d’une justice infaillible et impartiale. Comme nous l’explique Pascal dans ses « Pensées », «Combien un avocat bien payé par avance trouve-t-il plus juste la cause qu’il plaide ! ». Cela montre bien que nous nous trouvons face à une justice qui marche par la récompense pécuniaire, et non par l’envie de rendre un jugement qui soit correct. Cet argent semble important aux yeux de ces gens pour une raison simple : leur bien être et leur aisance financière.

Pour clore cette partie, comme évoqué précédemment, l’individu ne rêve pas de justice, mais plutôt de son bien être. Ce n’est pas l’envie d’une société soudée ou d’un monde collectif qui lève les travailleurs le matin, mais le désir d’accéder au bonheur pour soi et sa famille, sans se soucier de ce qui se passe autour. C’est aussi ce que dénonce l’auteur John Steinbeck dans son roman « Les raisins de la colère ». On y voit évoluer une famille qui semble vouloir aider les autres, mais dès lors qu’ils sont à l’abri des problèmes, ils semblent ne plus s’intéresser au monde extérieur. Tout au long du roman, nous pouvons les voir souhaiter posséder LEUR parcelle, avoir LEUR travail, vouloir le mieux pour LEUR bébé.

Après nous avoir montré que le Désir et l’Intérêt n’étaient pas ce qui poussait l’homme dans la quête de la justice parfaite, l’auteur de la citation nous propose une idée de ce qui pourrait faire que l’Humanité se pose depuis tant de temps la question de justice : Le commandement divin.